Ils ont dit « non » à l’alcool pendant un mois

Le challenge Dryjanuary, venu d’Angleterre, consiste à ne boire aucun verre d’alcool en janvier pour se remettre des fêtes… Un défi satisfaisant pour le corps et la tête, mais pas si simple !

L’initiative

« Après un mois de décembre festif et un 31 un peu trop alcoolisé, ma décision est prise le 1er janvier : je ne boirai pas d’alcool durant tout le mois de janvier. » Pari réussi pour Laurence. La Rennaise de 53 ans a
participé au défi Dry january (Janvier sec). Cette opération consiste à ne boire aucune goutte d’alcool pendant le premier mois de l’année. Lancée en Angleterre, en 2013, par l’association Alcohol change UK pour « remettre à zéro (notre) relation à l’alcool », ce challenge a fait des émules en France cette année.

Des bénéfices très vite

« Ces derniers mois, je buvais un verre tous les soirs en rentrant du travail, avec mon compagnon. Le week-end, avec les copains, ça passait à deux apéros, trois verres de vin à table… Ça monte vite. Ce défi, c’était l’occasion d’arrêter ce verre automatique », confie Laetitia,39 ans. La jeune femme a tenu bon. « J’ai craqué une fois… Mais je l’ai
regretté ! »

Les bénéfices se sont fait ressentir en quelques jours. « Il n’y a pas photo : j’étais plus fraîche au réveil ! »

Laurence aussi assure que « ça marche » : « Je me sentais mieux, je dormais mieux et j’ai perdu 2 kg sans faire de régime. La bière et les bons vins ne m’ont pas manqué. »

Aymeric, étudiant de 23 ans, n’est pas un grand amateur de vin à table, mais apprécie quelques soirées par mois où sa consommation peut grimper jusqu’à une vingtaine de verres de bière et d’alcool fort. Il s’est laissé convaincre par les avis médicaux sur cette pause qui soulage le foie, et a repris le sport. « J’étais en galère d’argent, ça a été une motivation supplémentaire. » Laetitia a découvert des bières et cocktails sans alcool par la même occasion, une offre en augmentation en France.

Le plus compliqué, finalement, ce fut le regard des autres. « À chaque fois, les gens se moquent. On m’a lancé « Tu fais ça, toi ? , « Ah ben t’es bien courageuse. » J’ai reçu peu d’encouragements. Que je ne boive pas d’alcool pendant mes grossesses avait été accepté, mais là, ils ne voient pas l’intérêt », constate Laetitia. Au point de revoir elle-même son jugement. « Auparavant, je trouvais ma belle-sœur, qui ne boit que très peu, un brin rabat-joie. Mais en quoi cela regarde les gens ? C’est presque anormal de refuser un verre. »

50 000 décès par an

Laurence a refusé quelques apéritifs et dîners entre copains « car je me sens en décalage ». Un moyen d’être aussi moins tenté.

L’opération encourage également les participants à réduire leur consommation à plus long terme. Un bon point pour les personnes qui vont au-delà des recommandations (dix verres maximum par semaine). Et une satisfaction pour les associations spécialistes des addictions, qui déplorent près de 50 000 décès par an en France dus à l’alcool.

Fanette BON. (Ouest-France 03/02/2018)