Témoignage Catherine

Comment peut-on en arriver là …

Alors que la vie est si belle sans alcool ?

Je suis née en 1961, mon prénom est Catherine, et avec ça…Une enfance agréable, une adolescence sans problème, un travail qui me plaisait, un mari parfait…Ce fut les trente premières années de ma vie…Mais elle était accompagnée d’alcool avec modération ou parfois avec quelques abus dans tous les événements, voire même au quotidien pendant mes repas.

A partir des années 90, des décès de proches nous ont mis “cahot”. Mon mari a surmonté, après une dépression d’un an,mais pour ma part, j’avais de gros problèmes dans mon travail avec un responsable beaucoup trop dur…C’est là que tout a commencé. L’alcool qui me rendait joyeuse et euphorique, est devenu un remède miracle pour me maintenir en forme.

Jusqu’en 1998, je buvais un peu trop, mais je n’en avais pas vraiment pris conscience.

Fin 1999, j’ai compris que j’allais trop loin, et malgré l’aide de mon mari, la dépendance étant là, je me suis mise à boire en cachette.

En 2003, croyant apaiser ce problème puisque je ne pouvais pas continuer avec ce responsable toujours de plus en plus dur, j’ai préféré quitter mon emploi. Tout aurait pu être bien, puisque j’ai retrouvé du travail quelques mois plus tard, mais le mal était fait, je n’étais plus dépendante de l’alcool, j’étais devenue alcoolo dépendante.

Pendant les deux années qui suivirent, ma consommation a augmenté en même temps que mes problèmes, malaises, disputes, pleurs, angoisses, et peur de mourir, mais rien n’y faisait, l’alcool était devenu plus fort que moi. J’en étais devenue prisonnière et bien que je voulais diminuer, ma consommation augmentait.


Merci à Vie-Libre pour tout le soutien qu’il m’apporte

Fin 2005, lors d’un repas entre amis, quelqu’un nous a conseillés de rencontrer des personnes faisant partie de l’association Vie-Libre. Quelques jours plus tard, j’acceptais d’aller à la première réunion,c’était en Janvier 2006. Les trois mois qui ont suivi m’ont permis de participer aux réunions, d’écouter des personnes comme moi, de comprendre avec mon mari, ce qu’était une personne malade de l’alcool, mais ils ont été en même temps les plus durs, car mon alcoolisation empirait.

Je me souviens lors de la première réunion, on m’avait dit qu’il ne fallait plus boire du tout, ce qui m’avait affolée, et qui me laissait penser que ça ne serait pas possible d’envisager cette situation.Mais, des témoignages poignants m’ont fait réfléchir et prendre conscience que je ne m’en sortirais pas seule malgré l’aide que j’avais autour de moi ; mon mari, toujours présent, les membres de Vie-Libre qui me conseillaient, et ma meilleure amie qui m’aidait de son côté.

J’ai donc pris la décision d’aller voir un médecin, et deux jours plus tard, je commençais mon traitement, c’était le 3 Avril 2006.

Qu’en est-il aujourd’hui

Je suis fière d’avoir reçu ma carte rose en Octobre 2006, j’ai fêté avec Vie-Libre ma première année sans alcool, et aujourd’hui, j’ai franchi le cap des 18 mois d’abstinence.

Je ne dis pas que c’est sans difficultés que j’en suis là. J’ai été parfois désespérée, angoissée, mal dans ma peau, affolée d’aller quelque part, ayant peur du regard des autres, il m’a fallu de la volonté, du courage, le désir de vouloir mieux vivre. J’ai compté les jours,voire les heures, et les minutes me paraissaient parfois bien longues, mais j’ai tenu bon.

Mon combat n’est certes pas gagné, mais il est bien engagé pour une bonne réussite dans l’avenir. Aujourd’hui, je continue mon traitement, je vois régulièrement mon médecin, je participe chaque mois aux réunions de Vie-Libre, et j’ai même témoigné dans un centre de cure. Je vis mieux, j’ai retrouvé la santé, j’ai gardé un travail qui me plait, je n’ai que des amis au sein de Vie-Libre. Ma meilleure amie me fait confiance au point d me faire garder sa petite fille de quelques mois, et ma vie de couple a retrouvé joie et bonheur.

Je dirais même que suite à cette mauvaise expérience et ces années de galère, je vois la vie différemment, j’apprécie tous les événements les plus simples, je découvre, ou je redécouvre des choses quel’alcool avait chassé de ma vie.

Il n’est jamais trop tard pour stopper, le plus dur, était d’admettre que j’étais malade, puis de faire le premier pas…Quant à mon avenir, ma nouvelle vie sans alcool m’apporte la force de continuer mon combat.

Dernier point, je joue de l’accordéon depuis des années, et depuis que j’ai arrêté de boire, je me suis mise au piano. Ce sont des occupations qui me font oublier tout simplement l’alcool.

Merci à Vie-Libre pour tout le soutien qu’il m’apporte