Le Baclocur devient le seul médicament à base de baclofène commercialisé pour traiter l’alcoolisme

Épilogue d’une longue controverse entre ses fervents partisans et les autorités sanitaires, le Baclocur est devenu lundi 15 juin le seul médicament à base de baclofène commercialisé pour traiter l’alcoolisme.

Le Baclocur est devenu lundi 15 juin le seul médicament à base de baclofène commercialisé pour traiter l’alcoolisme, sous conditions et à doses toutefois limitées.

La date du 15 juin avait été annoncée fin mai par l’Agence du médicament (ANSM), qui avait auparavant accordé au Baclocur (laboratoire Etypharm) une autorisation de mise sur le marché (AMM) en octobre 2018.

Utilisé depuis les années 1970

Cette commercialisation (met) fin à la recommandation temporaire d’utilisation pour les autres spécialités à base de baclofène dans cette indication (Lioresal 10 mg et Baclofène Zentiva 10 mg), selon l’ANSM.

Depuis 2014, le baclofène était autorisé dans le traitement de l’alcoolisme grâce à une recommandation temporaire d’utilisation (RTU).

Ce produit est utilisé depuis les années 1970 comme relaxant musculaire, mais son usage a peu à peu été détourné vers le traitement de l’alcoolisme.

Cet usage alternatif a explosé en 2008 avec la parution du livre “Le dernier verre” d’Olivier Ameisen. Ce cardiologue, décédé depuis, racontait dans son ouvrage comment ce médicament avait supprimé son envie de boire.

Un médicament « pas anodin »

En accordant une AMM au Baclocur, l’ANSM avait souligné que ce médicament n’est pas anodin et doit être manié avec beaucoup de précautions. En effet, si son efficacité est jugée sans équivalent par ses partisans, l’ANSM insiste sur ses risques.

L’Agence s’appuie sur une étude menée avec l’Assurance maladie. Selon elle, le baclofène à fortes doses (plus de 180 mg par jour) fait plus que doubler le risque de décès par rapport aux autres médicaments contre l’alcoolisme, et accroît de 50 % le risque d’hospitalisation

C’est pourquoi le Baclocur ne peut être prescrit aux alcooliques qu’à une dose maximale de 80 mg/jour, et après échec des autres traitements.

Ces conditions avaient mécontenté des associations, qui avaient attaqué l’ANSM devant le Conseil d’État à plusieurs reprises, sans succès.

Article Ouest-France